Le nom de ce personnage principal est inspiré de SIMPLICISSIMUS, héros d’un classique de la littérature allemande du XVIIème siècle. Après des aventures picaresques et initiatiques, Simplicissimus retrouvait dans les profondeurs de la terre, un paradis de rivières et de nature, un lieu originel et imaginaire.

La fin de mon histoire ne convenant pas à JC Menu., je reprends alors quelques phrases échangées entre Alain DELON et Annie GIRARDOT dans  « Rocco et ses Frères » pour arranger une fin plus acceptable. Le passage onirique où Simplismus retrouve sa grand-mère est inspiré de la scène entre Pinocchio et la bonne fée dans sa maison sur l’eau, dans l' adaptation pour la télévision de Comencini. Bref, deux références bien italiennes pour s’accorder à cette histoire plutôt expressionniste et germanique. Enfin, pas de quoi réveiller l’axe Rome-Berlin tout de même.

« Toute publication de l’Association mérite notre attention, non seulement par copinage ou par snobisme, mais parce que cette maison d’édition persiste dans sa politique éditoriale cohérente et courageuse. La revue LAPIN qu’elle édite, et dont on ne se lasse pas de dire du bien, permet de faire découvrir des auteurs dont nous n’aurions pas vraiment envie d’acheter des albums. On la lit pour Lewis Trondheim, David B, et JC Menu, mais par la même occasion, on découvre des auteurs que nous finirons par apprécier. Tous les lecteurs sont conservateurs et leurs choix se portent sur ce qu’ils connaissent déjà. La règle vaut pour la BD comme pour le roman ou la cuisine.
L’album de Vincent Vanoli bénéficiait donc d’un sentiment de sympathie mais sans plus. La surprise fut plutôt bonne de découvrir une intrigue solide et bien rythmée, qui ne joue pas la carte du réalisme ou du vraisemblable.
Le monde Simplismus pourrait ressembler à une ville ouvrière du nord de la France, du temps où il y avait encore des usines en activité et un prolétariat nombreux. A quelques variantes ou bizarreries près. Par exemple, des nains, nus et pacifiques, qui chapardent des pierres dans le
jardin du colonel Whistler ou qui servent de « récepteurs » dans le commerce douteux d’un Frankenstein local qui y transfert, par « lavage de cerveaux, grâce à un procédé innommable », les angoisses des hommes.
Simplismus, le personnage principal, est un peu l’idiot du village. Mais de même que les nains ne peuvent se différencier des autres personnages par leur seule taille, notre héros est capable de penser et de prendre des décisions plutôt sensées, même s’il n’a pas prise sur certains événements (le travail, la guerre).
Graphiquement, le travail de Vanoli évoque parfois l'expressionnisme allemand. A découvrir. »
  

Evariste Blanchet  dans Bananas, octobre 1995