Les planches de Sentiers Battus ont été exposées au lycée de Noyon, près de Compiègne, en janvier 2005, pour une rencontre avec plusieurs classes.

« Le sentier dans cet ouvrage devient le symbole de la quête de la mémoire. C’est un cheminement vers l’enfance avec des épisodes clés : une aventure fantasmée dans un bois pendant l'enfance, une balade dans le jardin avec le père, une idylle au camping, un chemin perdu en colonie, une randonnée à vélo avec au collège, une balade au bord de la mer avec une fiancée.
On assiste à une déclinaison de toute sorte de sentiers (chemin forestier, l’allée de jardin, la route, le sentier de randonnée…) ce qui permet de retrouver les composants du souvenir, un lien à la nature omniprésent (le bois, le jardin, les lapins) en sollicitant la mémoire sensorielle. De même, on assiste à l’échec des relations avec autrui (première aventure sans suite, mise à distance des groupes constitués par les copains d’école ou de colonie, unique allusion au père) ce qui explique le goût pour la solitude manifesté par le personnage qui se retrouve seul face à la mer dans la dernière vignette.
Les souvenirs sont éparpillés comme un puzzle que la mémoire, le dessin, l’écriture vont reconstituer jusqu’à reformer l’ego symbolisé par le trait d’horizon qui compose la dernière vignette. Au final, tout devient clair, le personnage est en hauteur, en position dominante, l’espace est dégagé, l’harmonie est retrouvée. »   remarques de lecture par Brigitte Juranville, professeur de lettres au lycée de Noyon.


"Avec  Sentiers Battus , Vincent Vanoli sort à plus d’un titre de ses propres sentiers battus justement.
Au niveau du dessin tout d’abord, beaucoup plus classique que son trait habituel, même si on retrouve encore ces nuance de gris et ces à-plats très contrastés. A ce sujet on peut signaler quelques très belles planches comme celles de la promenade dans la garrigue absolument magnifiques et qui prouvent qu’avec du talent, on a pas besoin de fioritures informatiques ni de couleurs perfectionnées pour faire passer une émotion.
Au niveau du propos ensuite puisque avec cet album Vanoli abandonne son style narratif habituel et surtout ses thèmes de prédilection et ses rêves éveillés. Les univers un brin mélancoliques qui lui sont chers et où la satire sociale tient un rôle prépondérant sont ici délaissées. Vanoli se concentre en effet sur une sorte de « retour à la terre » (analogie un peu exubérante mais pas tant que ça finalement) en mettant en images des émotions et des pensées qui lui sont familières. On sent toute l’autobiographie de l’auteur venir se poser sur ces planches modestes, tranquilles, reposantes comme ces cours d’eau et ces bosquets chatouillés par le vent.
Ces histoires indépendantes n’ont pas beaucoup de prétention autre que celle de nous faire partager un moment de calme, campagnard, une sorte de réflexion primesautière sur le temps qui passe, l’amitié, l’amour, la nature… Du Vanoli original mais comme toujours avec cet auteur, un album qui se lit avec plaisir" 
   

Oslonovitch  sur  bulledair.com