Ces deux  récits qui composent le dernier tome des « Contes de la Désolation » ont pour contexte la guerre de Sécession aux Etats-Unis. Cependant, ils sont situés sur des terrains d’action particuliers : l’Amérique Centrale et les Bayous du Mississipi. Même recette que pour les précédentes historiettes de la série : des histoires d’amour avortées mais ici la psychologie des personnages les enfonce dans la jungle du remords, de la pénitence, de la recherche de la rédemption, les faisant s’engluer dans leurs chimères. Pour chacun des «Contes de la Désolation », le jeu a chaque fois été de mettre en parallèle deux trames de récits très proches et les faisant communiquer implicitement et mystérieusement. Brrr….


« Vanoli continue dons de dessiner des Contes de la Désolation », où la joie et l’optimisme n’ont pas droit de cité –et le mot est faible ! La première histoire aborde les aventures d’un homme qui pour fuir la misère, se rend à bord d’un bateau dans le nouveau monde et se retrouve seul, perdu sur une île déserte. Durant sa longue marche dans la forêt, le héros ressemble de plus en plus à une plante, comme si la nature et l’humanité ne formaient plus qu’une même personne. La fin vous laissera un goût amer dans la bouche !
La seconde partie est dans la droite filiation de la littérature fantastique. En pleine guerre de Sécession, deux soldats nordistes peu convaincus par le conflit devisent dans  les bayous alors que l’ennemi n’est pas loin. Cette discussion se clôt sur une fin pour le moins absurde qui vous surprendra… Du grand art.
Le style graphique de cet auteur assez atypique et peu médiatisé puise ses influences dans la peinture –du cubisme à Picasso, en passant par le Douanier Rousseau- et dans le cinéma expressionniste allemand. Cependant, son dessin charbonneux donne un cachet très personnel, voire sensuel, à ses histoires ou adaptations. Dans ces contes, l’auteur utilise ses facilités graphiques pour accentuer la dramaturgie et tient ainsi le lecteur en haleine jusqu’au dénouement. Dommage que chacune de ces histoires ne puissent pas bénéficier de plus de pages car il manque parfois des planches pour dynamiser et rendre la chute plus frappante encore. Quant aux influences romanesques, l’atmosphère de Lovecraft et de Poe est prégnante dans chacun des deux contes… les choses les plus horribles sont celles que l’on imagine et non celles que l’on voit. Le lecteur attendra la suite avec impatience… »

Tarek dans Bédéka n°8 d’octobre 2004.