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"Le narrateur, M. Bubbendorf,
l'a pressenti d'emblée : « Quand les
officiers des services sanitaires du ministère
étaient venus me trouver, ils avaient teinté
notre entretien d'un sérieux solennel qui n'avait
évidemment laissé aucune place à un doute
quelconque quant à la nécessité de mon
internement. » Direction : « la
Clinique » dont tout le monde parlait mais
dont l'existence restait à prouver. Kafka est au
rendez-vous. Et aussi la menace sourde qu'évoquent
des décors sortis du cinéma expressionniste
allemand des années 20-30. Et ces mystérieux
recoins montagnards où erre le monstre de
Frankenstein. Et cette figure distendue par «
le Cri » de Munch... Vincent Vanoli ne
craint pas les références : elles abondent,
sans jamais parasiter cette fable intemporelle.
Elles valident de brillantes variations sur la
dérive paranoïaque d'un petit bonhomme
rondouillard et dérisoire, ce cauchemar
éveillé, ouaté, des vrais-faux espoirs de «
guérison » distillés par le personnel de
la Clinique. Toute l'uvre passée de Vanoli
tendait vers cette quintessence stylistique. Il
est urgent de découvrir sa virtuosité narrative,
où le noir et blanc noir et gris, plutôt
agit magistralement sur l'action et où
très peu de mots suffisent pour accompagner des
planches d'une immédiate intensité dramatique". Jean-Claude Loiseau dans
Telerama n° 3097 - 23 mai 2009
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